Tee-shirt Béhobie 2006

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Si la course est toujours aussi belle et populaire, si l’organisation est encore plus efficace (avec ces départs par couleur de dossard), si le public répond présent pour encourager les coureurs tout au long du parcours, en revanche, cette année, le tee-shirt est beaucoup moins beau. Et en plus, il n’y a plus cette très belle sentence qui nous accompagne lors de nos entraînements : Sufres mas cuando corres o cuando no sales a correr ?

Circadien

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Circadien, ienne adj.
1957 ; du lat. circa diem « presque un jour ».
Biol. Dont la période est voisine de 24 heures
.
d’après le petit Robert.

Circadien c’est le titre que s’octroient les coureurs ayant couru pendant 24 heures.
Évidement, le mot nycthémère (espace de temps comprenant un jour et une nuit et correspondant à un cycle biologique) conviendrait mieux que circadien qui d’une part est un adjectif et d’autre part n’est même pas tout à fait 24 heures. Mais vous imaginez le dialogue :

- Alors, tu cours ?
- Oui. J’cours
- T’es marathonien, cent-bornard ?
- Non. Nycthémère !

Il y a quand même motif à fâcherie, non ?

Trêve de circonvolutions. Voilà c’est fait. Depuis le dernier jour du printemps 2010, je suis circadien. Justement, des circonvolutions, du samedi 19 juin 10 heures au dimanche 20 juin, 10 heures, j’en ai effectuées. 155. 155 kilomètres en rond autour du stade de Léognan. 155 kilomètres parcourus en 24 heures. Circadien en quelque sorte avec une marque à 155,062…

Au fait ! La question « Pourquoi courrez-vous ce genre de courses ? » nous est souvent posée. Pour les 24 heures de Léognan la réponse est aisée. Chacun des coureurs du 24 heures se devait d’avoir un sponsor et chaque kilomètre parcouru a rapporté des subsides aux associations Et ma vie et Ouvrir la voix !

Il est vrai, j’ai également couru pour le diplôme de circadien. L’ayant obtenu, j’en profite pour lancer quelques remerciements. Je remercie

  • mon sponsor, Didier d’Espace Biochauffage, qui outre les quelques tours qu’il a parcourus avec moi et l’attention fraternelle qu’il m’a portée, a résorbé la froidure de la nuit dans ses braseros magiques,
  • les kinésithérapeutes et les podologues qui se sont relayés pour assurer notre confort tout au long de la course,
  • Agnès, au four et au moulin, à l’accueil et aux stands et même sur la piste, de nuit, pour quelques foulées avec nous,
  • Fabienne qui m’a envoyé le bon plan d’entraînement et invité aux entraînements des anonymes (c’est décidé, j’adhère),
  • et tous les autres bénévoles des Anonymes du campus qui ont fait de cet événement une réussite tant au niveau de l’organisation que de l’ambiance dispensée,
  • Barbara dont le réglementaire et quasi horaire mais chaleureux « Ça va Pierre Paul ou Jacques ? » nous permettait de nous poser les bonnes questions sur notre « état de marche » (ou plutôt de course),
  • les autres coureurs élites pour leurs encouragements (connaissez-vous d’autres sports où, vous faisant doubler par le leader de la course [à peu près 50 fois dans mon cas !], vous êtes gratifié d’un « Vas-y Patrick » ou d’un « Merci Patrick » lorsque vous lui laissez la trace ?),
  • les entraîneurs de clubs (inscrit en individuel je ne suis pourtant membre d’aucun) qui ne manquaient jamais de prodiguer leurs conseils (« Souffle », « Relâche-toi ») ou encouragements (qu’il soit particulièrement remercié celui du terrain de foot annexe [je ne connais ni son nom ni son club] qui, toute la nuit, à chacun de mes passages m’a lancé un bienveillant et oh combien réconfortant « Allez Patrick »),
  • les coureurs open qui m’ont accompagné durant quelques foulées, Virginie, Juliette, Emma, Hugo, Jean-Marc, Alain, Fabrice, Xavier et ceux qui sont venus m’encourager, Véronique, Pascal, Bruno, Frédéric,
  • Virginie, Juliette et Emma d’avoir supporté, et mon égotisme monomaniaque de futur circadien, et le plat de pâtes quotidien de ce long plan d’entraînement ! Virginie, Juliette et Emma, s’il est vrai que ce n’est pas pour vous que je cours, c’est grâce à vous que je peux courir…

Photo du petit matin lorsque l’esprit n’est plus un esprit, mais une colonne d’air à inspirer puis expirer puis inspirer puis expirer, un cœur qui bat dont il faut maîtriser le rythme, des jambes à lancer alternativement vers l’avant pour avancer. Ce petit matin où il faut tenter de dompter l’émotion qui gagne parce que la fin de l’épreuve approche, parce que, au bout du compte, au-delà de la distance parcourue, au-delà du chronomètre, au-delà du classement, au-delà de la fatigue et des bobos, une course à pied, ce n’est que du plaisir.

À Léognan le 24 heures, ce n’est que du bonheur.

Le plan 24 heures

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Ci-dessous, le plan d’entraînement de Bruno Heubi (que vous trouverez ici complété d’intéressantes informations) utilisé pour mes neuf dernières semaines d’entraînement du 24 heures de Léognan. Le plan est parfaitement étudié, bien construit, alternant semaine « lourdes » et semaines de « récupération ». En bref il prépare idéalement à un 24 heures.

Seul petit bémol : la « prédiction » de Bruno Heubi. Mon temps de référence aux 100 kilomètres (Millau 2009 en 14 heures 42) n’est pas dans le tableau de performances. En prenant le temps du tableau le plus proche (13 heures 25) et le pourcentage à appliquer aux débutants sur un 24 heures, la distance prédite était comprise entre 125 et 134 kilomètres. 155 kilomètres au coup de pistolet c’est quand même un semi-marathon de mieux !
Plan 24 heures

Mission accomplie

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Dimanche 2 mai 2010, 9 heures : départ du marathon de Nantes.
Le jeune quinqua, dossard n° 2427, s’élance sur son premier marathon ; un vieux quadra, dossard n° 2428, l’accompagne sur ce difficile exercice.
À la mi-course, le chrono annonce 2 heures 24 minutes : c’est quelques minutes de trop par rapport au temps espéré par n° 2427 et 6 minutes d’avance par rapport à celui estimé par n° 2428.
Comme prévu, les 6 minutes d’avance fondent comme neige au soleil sur le second semi et, deux heures et demie plus tard, c’est la dernière ligne droite.
L’œil discrètement fixé sur le chrono, n° 2428 lance une petite accélération. Un dernier kilomètre en 5 minutes 45 secondes et mission accomplie : n° 2427 obtient son titre de « marathonien » en 4 heures 59 minutes 56 secondes. En dessous du seuil des 5 heures…
Voilà. La mythique distance de 42 kilomètres 195 a été couverte, par notre primo-marathonien. Peu importe la moyenne de 8,44 kilomètres à l’heure, peu importe la 1691ième place sur 1705 arrivants, l’important pour cette première fois était d’arriver ! Une distinction quand même : en plus de sa médaille, dossard n° 2427 peut se vanter d’avoir terminé en V2H à la 286ième place sur … 286 ! Quoi qu’il en soit une belle ballade dans et autour de Nantes. Et bravo au néo-marathonien.

24 heures de Léognan annonce

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Pour « Et ma vie » et pour « Ouvrir la voix », organisé par « Les Anonymes du Campus », prochain objectif : les 24 heures de Léognan.

Le 19 juin à partir de 10 heures et jusqu’au 20 juin 10 heures. Dossard 17.

Mon sponsor : espace biochauffage à Gradignan.

Nous vous attendons pour aider les associations ou pour courir quelques kilomètres avec nous.

Behobia San Sebastián 2009

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De la frontière espagnole à San Sebastián, 20 kilomètres de rêve, en courant…

Comme à chaque départ de course, le frisson court sur la multitude des coureurs agglutinés. Mais ce ne sont pas les ventas sans charme de Behobia qui le procure mais la certitude de participer à une course mythique.

Le peloton se lance et vous avec, happé par les contreforts des Pyrénées.

Un joli col au 7ième, Gaintxurizketa, une fabuleuse descente, un vrai toboggan ou quelque soit votre niveau vous aurez l’impression de voler : il suffit de se laisser aller.

Le port industriel de Pasajes au 14ième, très laid mais vous ne le verrez pas, caché qu’il est par la foule massée sur le bord de route et qui hurle ses encouragements aux coureurs et qui brandit des panonceaux ornés de photos et qui claque dans ses mains et dans vos mains pour vous redonner du courage et qui vous porte comme nul part ailleurs. En espagnol cela se dit « sentimiento » et sur une course à pied vous ne le vivrez que là, sur ce petit bout de route du Pays Basque.

Un raidillon casse-pattes au 17ième avec le feu tricolore qui vous nargue planté tout au sommet, mais toujours les innombrables spectateurs enthousiastes et passionnés qui vous font oublier vos muscles qui tirent dans les mollets et devant les cuisses (vous n’auriez peut-être pas dû battre votre record du monde de vitesse dans la descente !).

Puis l’arrivée au centre ville de San Sebastian. N’essayez pas de sprinter, Alameda del Boulevard est noire de monde : pour profiter du spectacle extraordinaire offert tout au long du parcours, vous vous êtes calé sur un petit 6 minutes au kilomètre (sauf dans la descente où votre chrono est resté coincé autour de 4) et comme la moitié des coureurs (8 000 sur 14 000 inscrits et 2 000 sans dossard) vous arrivez en tout juste moins de 2 heures. Pas d’échappatoire par les côtés : le public y est massé encore plus nombreux. Alors laissez-vous porter par la vague jusqu’à la ligne d’arrivée.
L’important n’est pas votre temps mais l’ambiance extraordinaire qui règne tout au long de ce Behobia San Sebastián.

L’accès aux douches étant difficile, profitez de la superbe baie Atlantique qui vous tend les bras à quelques mètres : en novembre régénération des muscles garantie.

Dernière récompense, moins sportive mais tout aussi festive : la tournée des bars basques. Vino tinto, cerveza y tapas para todos.

Pour l’édition 2009 il ne reste que la liste d’attente (esperar en espagnol : espérer courir Behobia San Sebastián) ou … le marché noir.

Si j’écris ces quelques lignes ce n’est pas seulement pour raconter le déroulement d’une des plus belles courses d’Europe, mais pour la « révélation » qui m’attendait sur le tee-shirt offert à chaque participant. Le 12 novembre 2006 j’ai enfin compris que la(es) question(s) que je me posais n’étai(en)t pas la(es) bonne(s). Depuis mon premier semi-marathon en 1998 (je suis un jeune coureur), je m’étais toujours demandé : « Pourquoi cours-je ? » sans pouvoir apporter de réponses autres que les insatisfaisantes « Pour être en bonne santé », « Pour le plaisir », « Pour évacuer le stress du boulot », etc.

La question, la seule, la vraie, est inscrite, gravée, en noir sur l’orange basque :

« Noiz sufritzen duzu gehiago korrika egiten ala korrika egitera joan gabe ? »

Soit en castillan :

« Suffres más cuando corres o cuando no sales a correr ? »

Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite

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Jambe Droite (en grimaçant) : Ouille !
Jambe Gauche : Qu’est-ce t’as Jidé ?
JD : J’ai mal au quadri…
JG : Moi aussi. Je n’en fais pas toute une histoire.
JD : Puisque t’es si fort, propose-moi un remède !
JG : Passe une annonce sur le site piquart point effe-ère.
JD (ironique) : Oui, c’est ça « Jambe plus vieille de 100 kilomètres cherche baume décontractant. »
JG : Tu exagères on n’a fait que 50 bornes chacune. Reconnais simplement que tu as un coup de pompe !
Nike A. Left (avec un fort accent américain) : Vous demander moi ?
JG : Non, le mot pompe a plusieurs …
NAL (l’interrompant) : Moi aussi j’ai message « Chaussure plus vieille 14 heures 42 besoin coup de pompe ».
JG (tentant d’être pédagogue) : Pour une chaussure comme toi, construite sur des alvéoles d’air, le coup de pompe n’a pas le même sens. Là, il servirait à te regonfler.
Nike A. Right (se mêlant à la conversation avec le même fort accent américain) : Alors que pour jambe le coup de pompe est pour dégonfler ?
Pied Droit (intervenant) : Non. Jidé n’a pas besoin d’être dégonflé. Alors que moi, après plus de 14 heures enfermé dans une pompe noire, oui !
Pied Gauche (surenchérissant) : Les Nike Brothers des pompes noires ? Des pompes funèbres ! Que dis-je, des pompes à chaleur : j’en ai encore des ampoules !
NAL & NAR (interloqués) : ???
Lampe frontale (apparaissant en surplomb) : Qui parle d’ampoule ?
PG : Ne nous pompe pas l’air l’Ampoule. Nous, nous faisons tout le boulot à porter le grand cinglé qui voulait devenir cent-bornard, alors que toi tu te laisses porter au sommet de son crâne !
LP (bouffie d’orgueil) : Mais grâce à moi le retour nocturne à Millau s’est fait en grandes pompes.
NAL & NAR (en cœur) : Quelles pompes ? Vous encore parler de notre exploit de course à pieds ?
PG & PD (en cœur) : Ah non ! La course à pieds, par définition, c’est nous.
NAL : Nikê être déesse grecque de la victoire. Donc victoire du 100 miles c’est nous.
JG : Hé les Nike Air n’exagérez rien, ce n’était que 100 kilomètres !
LP : 100 kilomètres ou 100 miles vous êtes tous à côté de vos pompes ! Vous courrez comme des pieds : vous avez été incapables de nous ramener avant la nuit. Sans moi, pieds et pompes finissiez votre course au fond du Tarn !
PG (prenant la diatribe au pied de la lettre) : T’es gonflée l’Ampoule de nous mettre tous dans le même sac de sport ! D’autant qu’une paire de pompes tu la remplaces au pied levé, alors qu’une paire de pieds…
JG (revenant sur sa lumineuse idée) : Jidé, à la limite tu remplaces le baume par une ampoule buvable et c’est l’pied !
PG : Ça marche aussi pour mon problème au cou ?
NAR : Tu t’es cassé le cou ?
NAL (simultanément) : C’est où le cou d’un pied ?
JD : Lâchez-nous la jambe les Nike. Vous nous cassez les pieds !
NAL & NAR (agressifs) : Et toi prends ta jambe à ton cou au moins 100 nouveaux kilomètres si tu veux pas partir le pied devant.
PG (hilare) : C’est où le cou d’une jambe ?
JG (en rajoutant) : Ne traitons pas cette question par-dessus la jambe.
NAL : Vous dépassez les bornes.
PG : Les 100 bornes ?
JG : Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite !
PG : Chut ! Si le grand zinzin nous entend, il est capable de nous embarquer dans une course encore plus longue.
Tous : Ouille !